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Réorientation. Changer de formation en novembre... c'est possible !

Au retour des vacances d’automne ou après les premiers partiels certains étudiants décident de se réorienter - comment s’y prendre ?

Dès octobre et novembre les journées portes ouvertes sont proposées pour répondre au besoin d'orientation et réorientation

Chaque année, plus d’1 étudiant sur 10 se réoriente, tous niveaux d’études confondus (1). Ces étudiants en réorientation ont des profils et des niveaux d’études très variés : en effet et contrairement à une idée tenace, les réorientations n’interviennent pas uniquement au cours de la première année post-bac, mais possiblement tout au long du parcours de l’étudiant. “Il nous arrive de recevoir des jeunes en doctorat et à la recherche d’une nouvelle formation dans un tout autre domaine que celui de leurs études” confirme Anne-Marie Sinet, conseillère au CIDJ de Paris.

En revanche, une constante : les mois d’octobre et de novembre semblent marquer un tournant pour tous les jeunes qui souhaitent changer de parcours, souligne Mme Sinet. Retour des vacances, propices à la réflexion, ou confrontation douloureuses aux premiers partiels ? Les étudiants qui déboulent chaque automne dans les Service universitaire d’information et d’orientation des universités comme dans les CIO ont des motivations variées.

1/ Se poser les bonnes questions et bien identifier son besoin


Premier conseil : “ Ne surtout pas quitter son établissement ou sa formation avant d’avoir une solution” avertit Mme Sinet. Avant de prendre une décision, la première question à se poser est de se demander pour quelles raisons on souhaite quitter sa formation: manque d'intérêt pour les cours, qui ne ressemblent pas à ce qui était attendu, changement de projet professionnel, souci personnel ? “C’est important de savoir répondre à cette question, faute de quoi on ne pourra pas apporter la bonne réponse” explique la conseillère du CIDJ, qui rencontre parfois des jeunes qui se réorientent pour la 2e ou la 3e fois, faute de s’être posé les bonnes questions, ou à cause de décisions radicales prises sur un coup de tête.

Si le problème est lié à des résultats moins bons qu’attendus, ou à des difficultés pratiques (transport, logement) mais pas à un désintérêt pour la discipline ou le domaine d’études, il faut trouver des interlocuteurs : en parler avec ses professeurs, son responsable de formation ou son directeur d’études, qui peuvent aider à se situer par rapport aux attentes du diplôme visé, ou à mieux comprendre quels sont les débouchés ensuite; faire appel à des tutorats par des étudiants plus expérimentés est aussi intéressant pour se remobiliser et passer un cap, mais aussi pour tisser un réseau et se sentir mieux dans sa promo, notamment dans des L1 pléthoriques; prendre rendez-vous avec une assistante sociale via le Crous en cas de problèmes “périphériques” aux études (santé, logement, transport, budget). Objectif de ce premier questionnement : déterminer si vous avez “juste” besoin d’aide, ou besoin d’une réorientation.

A l’issue de cette étape, si la réorientation apparaît comme la solution, un plan de bataille s’impose.

2/ Affiner son projet et se faire aider


Beaucoup d’informations sont accessibles en ligne, sur le site de l’Onisep, celui du CIDJ, mais aussi sur Parcoursup. Si vous n’avez aucune idée de réorientation, le SUIO de l’université de Nanterre a mis en ligne une présentation qui guide pas à pas et est accessible à tous les étudiants perdus, et pas seulement ceux de Nanterre. Mais attention : se réorienter est chronophage, faites vous aider ! Prenez rendez-vous dans votre SUIO (service universitaire d’information et d’orientation), au CIDJ, dans un CIO, un Point information jeunesse de votre ville, ou dans une Mission locale. Vous y trouverez accueil et écoute par des professionnels formés. “Au CIDJ on reçoit sans rendez-vous, pour 30 à 45 minutes voire plus” souligne Mme Sinet, “aux jeunes qui n’ont pas d’idée précise de ce qu’ils souhaitent faire on peut aussi faire passer des tests d’orientation”. Le tout gratuitement, un paramètre à prendre en compte car les services de coachs en orientation privés ne sont pas accessibles à toutes les bourses, et sans garantie de résultats.

3/ Définir son calendrier


A la rentrée des vacances d’automne d’autres étudiants, tout comme vous, décident de se réorienter. Des places peuvent donc se libérer dans certaines des formations qui vous intéressent, et qui proposent des rentrées décalées. Pour les trouver le plus efficace est d’appeler directement l’établissement visé et/ou son secrétariat pédagogique. “Il est encore possible de réussir son année de L1 ou de BTS en l’intégrant en décembre” assure Mme Sinet. Cependant les possibilités sont limitées et supposent d’avoir un bon dossier, et un projet précis et motivé. En dehors de ces cas particuliers, Parcoursup 2022, où il sera possible d’ouvrir un dossier dès janvier, vous tend les bras ! Enfin, il est aussi possible d’intégrer une formation en alternance, à tout moment de l’année. Mais attention au moment de choisir une nouvelle formation ou un nouvel établissement : certains établissements privés n’hésitent pas à “surfer” sur le désarroi des étudiants en réorientation pour leur vendre des formations de plus ou moins bonne qualité. Restez vigilant sur les critères : diplôme national, visé, ou formation professionnelle reconnue. Sur ce dernier point les organisations professionnelles voire les syndicats peuvent vous aider à trier le bon grain de l’ivraie, tout comme les Missions locales et les Maisons de l’emploi.

4/ Ne pas rester inactif


Que faire si la nouvelle formation de vos rêves ne recrute pas avant la rentrée prochaine ? Surtout ne pas rester inactif. Terminer votre année, même si vous savez déjà que vous changerez d’établissement en septembre 2022, est une bonne idée; ainsi vous pouvez valider une ou deux disciplines, ce qui peut être utile en cas de passage d’une L1 à une autre, en vous permettant d’obtenir des équivalences. Si rester dans votre formation est vraiment inenvisageable, pourquoi ne pas chercher un job étudiant pour mettre de l’argent de côté en attendant la prochaine rentrée. En parallèle, il est aussi possible d'utiliser son temps de cerveau disponible pour préparer un certificat dans une langue étrangère, par exemple. Mais le plus important : “Ne pas rester inactif !” martèle Anne-Marie Sinet. Car si vous lâchez tout, études, jobs, pour prendre une année sabbatique en attendant la prochaine rentrée, il pourrait être difficile de vous remettre aux études le moment venu. De plus votre dossier de candidature sera moins séduisant aux yeux des recruteurs de la formation de vos rêves s’il comporte un “trou” de plusieurs mois, alors qu’il sera plus intéressant si vous pouvez démontrer que vous avez réussi à utiliser efficacement ce temps libéré pour acquérir de nouvelles compétences ou de nouvelles expériences.

Sandrine Chesnel



(1) Étude réalisée en 2017 par la Comue d’Aquitaine, à partir des inscrits à la rentrée universitaire 2015.

Bon à savoir : le CIDJ et le CIO des enseignements supérieurs invitent les jeunes à un webinaire “Se réorienter dans l’enseignement supérieur” le 24 novembre prochain. De même le CIDJ organise du 8 au 11 décembre sa Semaine de l’orientation (et de la réorientation), ouverte à tous. Informations sur www.cidj.com.

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